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Gold Nigga

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Gold Nigga est le seizième album de Prince. Il est le premier à être crédité uniquement aux New Power Generation. Il est le premier disque de Prince à être édité de façon indépendante et à sortir sur le label NPG Records, en dehors de Warner Bros. Il a été vendu dans les NPG Stores à partir du 26 juillet 1993, et sur les stands de la tournée Act II, en Europe, à partir du 31 août 1993, et enfin par correspondance au 1-800-NEW-FUNK. Cet album n'a jamais reçu de distribution majeure.

1993 goldnigga front.jpeg

Gold Nigga

Genèse

L'origine de l'album Gold Nigga puise sa source dans une série d'enregistrements effectués par le groupe New Power Generation avec Tony Mosley en chanteur principal. Un titre intitulé Call The Law et enregistré fin 1991 était déjà disponible et avait été édité sur des maxi-singles de Diamonds And Pearls.

Dès le départ le disque a été envisagé comme un concept séparé de la discographie de Prince, ce qui explique pourquoi Tony Mosley en est le chanteur principal et que l'album soit voué à paraître sous le nom des "New Power Generation". Il est probable que cette volonté émane du fait que Prince était conscient de sa sur-exposition en 1991-92 (voir les albums Diamonds And Pearls et Love Symbol). Le fait de sortir un album sous le nom des New Power Generation permettait de marquer une pause, et également de ressusciter un projet du type de The Time, axé sur le funk et le R&B, auxquels s'adjoint désormais le hip-hop.

Finalisé au printemps 1993, le disque est présenté à Warner qui le rejette presque immédiatement. Les raisons de ce rejet peuvent s'imaginer ainsi : tout d'abord, bien que le disque soit estampillé "New Power Generation", il est évident qu'il s'agit d'un album où Prince est considérablement impliqué. La parenté musicale avec les deux albums précédents ne fait aucun doute. Cela ne vient donc pas réduire le volume de musique délivré par Prince depuis deux ans, et ce même si Tony Mosley est le chanteur principal. D'autre part, le fait d'attribuer l'album à "New Power Generation" est contre-productif : on ne sait pas si Prince est présent dessus ou non, et à quel niveau. Les ventes potentielles de ce projet étaient donc déjà limitées. La seconde raison est qu'à cette époque, Warner vient juste de sortir du fiasco de l'album de Carmen Electra. Ecrit et produit par Paisley Park Records, cet album a été voulu comme une sortie majeure et plus de $2 millions ont été investis rien que dans la promotion du disque (50% par Paisley Park et 50% par Warner). Or le disque a été constamment reporté, et quand il est paru début 1993 les critiques ont été désastreuses et l'album fut un cuisant échec commercial. Enfin, la troisième raison est qu'à cette époque Warner est en préparation intense du coffret The Hits / The B-Sides, la première compilation rétrospective de Prince, prévu pour sortir en septembre 1993, et il était clair qu'ils ne voulaient pas voir un nouvel album de Prince ou de NPG interférer dans le plan marketing d'une si grosse sortie.

Bien que le calendrier des événements soit difficile à établir, il est possible que la décision de Warner de rejeter l'album ait influencé Prince dans son orientation de carrière. Le 27 avril 1993, il annonce dans un communiqué qu'il "quitte l'industrie du disque" et se concentre désormais sur des projets annexes, comme le théâtre. Il annonce également qu'il ne fournira plus de nouvelle musique à Warner, et qu'il honorera le reste de son contrat en puisant dans sa bibliothèque de 500 morceaux inédits. Le 7 juin 1993, jour de ses 35 ans, Prince annonce qu'il prend pour nom un Symbole imprononçable, et qu'il éditera désormais sa musique sur un nouveau label : NPG Records.

Durant l'été 1993, Prince prend contact avec une entreprise canadienne et commande la production de quelques milliers d'exemplaires de l'album Gold Nigga en CD. Le fait de faire presser les disques au Canada, où la réglementation est plus souple, lui permettait de s'affranchir des contraintes légales aux Etats-Unis vis à vis de son contrat avec Warner. D'autre part, si cela tournait mal avec Warner, il était toujours possible de prétendre que le disque est un "bootleg" qui aurait échappé à Paisley Park. Il y eut cependant également des disques fabriqués aux Etats-Unis par de petites compagnies locales : Cinram (pour le 16 titres) et Plymouth (pour la version 15 titres). Ces informations sont trouvables gravées sur le rond central du disque, et permettent d'identifier les disques originaux. La rareté du disque a en effet produit de nombreuses éditions pirates assez artisanales.

Le disque est apparu pour la première fois dans le NPG Store de Minneapolis, le 26 juillet 1993. Puis en Europe le 31 août 1993, lors du premier des deux concerts donné par Prince à Paris, dans le cadre de la tournée Act II. L'album, ainsi que le single 2gether, étaient disponibles aux stands de merchandising. Beaucoup de fans ont hésité à l'acheter sur le moment, pensant qu'il s'agissait d'un disque pirate (il ne comportait ni le logo Warner ni Paisley Park, ni même NPG Records). Rapidement épuisé sur les dates suivantes de la tournée, il est devenu immédiatement un collector très recherché, changeant de main pour plus de $100. C'est pourquoi une nouvelle série de pressage a été commandée, pour être distribué via les NPG Stores et la hotline 1-800-NEW-FUNK.

Gold Nigga est ainsi le premier album de Prince à ne pas avoir bénéficié d'une sortie mondiale, restant cantonné à une méthode de distribution indépendante.

Enregistrement

Le coeur de l'album Gold Nigga a été créé en Australie, aux Studios 301 de Sydney, alors que Prince était sur place dans le cadre de la tournée Diamonds And Pearls : Goldnigga (morceau en 3 parties), Deuce And A Quarter, et Goldie's Parade, ont été produites à ce stade. Les autres enregistrements ont eu lieu à Paisley Park après la fin de la tournée, tout au long de l'année 1992. A cela s'est ajouté le titre Call The Law enregistré en 1991. Le dernier morceau enregistré pour l'album est 2gether, intégrée en dernière minute à l'album en mai-juin 1993.

Éditions

L'album Gold Nigga a été édité uniquement en CD. Il en existe deux versions distinctes par le nombre de pistes : l'édition originale comportait 16 pistes dont le titre Guess Who's Knockin'. Quand un second pressage fut commandé, pour distribution dans les NPG Stores, ce morceau a été supprimé et l'album ne comportait plus que 15 pistes. La raison de la suppression de ce titre est qu'il comportait un sample non crédité du morceau Let'Em Win des Wings, et écrit par Paul McCartney.

A noter qu'il circule des versions 21 pistes, intégrant le maxi-CD 2Gether, mais ces éditions sont des pressages pirates, le plus souvent vendues sur eBay ou d'autres sites marchands.

  1. Goldnigga Pt. 1 (3:11)
  2. Guess Who's Knockin' (3:24)
  3. Oilcan (0:42)
  4. Segue (0:15)
  5. Deuce & A Quarter (3:18)
  6. Segue (0:21)
  7. Black M.F. In The House (5:08)
  8. Goldnigga Pt. 2 (2:51)
  9. Goldie's Parade (2:22)
  10. Segue (0:35)
  11. 2gether (5:31)
  12. Segue (0:45)
  13. Call The Law (4:16)
  14. Johnny (10:19)
  15. Segue (1:13)
  16. Goldnigga Pt. 3 (2:37)

Analyse

L'auditeur ne sera pas dépaysé en écoutant Gold Nigga. On y retrouve l'essence des NPG : la batterie de Michael B, la basse ronflante de Sonny T, l'orgue de Morris Hayes, les synthés et samples de Tommy Barbarella, et le jeu de guitare d'inspiration Stax de Levi Seacer Jr. A cela s'ajoute la section des 5 cuivres entendue sur l'album Love Symbol et la tournée Diamonds And Pearls. Et bien sûr Tony Mosley, qui prend les vocaux principaux. Prince, lui, est présent partout bien qu'il ne soit pas crédité sur la pochette de l'album. On l'entend distinctement dans les choeurs ou les passages parlés, et même en duo sur Black M.F. In The House et Johnny.

Proposant un jazz-funk inspiré, et une instrumentation riche, Gold Nigga n'est desservi que par la voix rauque et suave de Tony Mosley, qui peine à ressembler aux "bad boys" du hip-hop du début des années 1990. L'album combine la richesse d'un son live avec le hip-hop, ce qui est assez inédit. Lorsque les samples sont utilisés, c'est en complément du live et non comme base aux morceaux. La plupart des morceaux sont groovy et bien réalisés, et on ne trouve aucune ballade ni morceau mettant en avant la guitare.

Créé par un groupe presque exclusivement masculin, Gold Nigga partage un esprit de fête de potache, teinté de machisme. On parle aussi de bagnoles, comme Deuce And A Quarter qui fait référence à une vieille Buick Electra (surnommée "225", soit "deux un quart"). Comme souvent dans les codes standards du rap, les femmes sont peu considérées, reléguées à des objets de désir, et délivrant des soupirs sirupeux.

Malgré tout, l'humour sexy et corrosif distillé par les NPG prête à sourire et rappelle celui entendu sur l'album des Vanity 6 par exemple, et on se dit que c'est tout de même dans ce registre que Prince est vraiment lui-même. Johnny, par exemple, fait référence au pénis : ♪ Johnny porte un chapeau car il n'a pas confiance dans les pilules ♪ et plus tard on entend ♪ tu as du latex ? ♪. Bref, ce n'est pas très fin mais tout de même amusant.

Singles

L'album a produit un seul single, 2-gether, édité uniquement en CD.

1993 2gether front.jpeg

2-Gether maxi-CD single

  • CD maxi-single
    • 2Gether (Album Mix 5:35) (12 Inch Mix 6:53) (Interview 4:21) (Enlightenment 5:19) (Jeep Mix 5:34) (Instrumental    5:39)

Critiques

Ne bénéficiant pas d'une sortie commerciale, l'album Gold Nigga n'a pratiquement pas donné lieu à de critique dans la presse au moment de sa sortie.

Performances commerciales

De la même manière, l'absence d'un réel canal de distribution pour cet album ne permet pas de comptabiliser les ventes. On ne connait pas non plus le nombre total d'exemplaires fabriqués en édition 16 pistes ou 15 pistes. En tous les cas, le disque est considéré comme "épuisé" ce qui en fit le premier album de Prince définitivement "sold-out". Les exemplaires de Gold Nigga s'échangent sur le marché du disque de collection, à des tarifs encore élevés dans les années 2010.

Héritage

Prince a défendu cet album en concert, en intégrant plusieurs de ses titres dans les tournées Act I (Etats-Unis), et dans une moindre mesure Act II (Europe) de l'année 1993. Ensuite l'album fut rapidement oublié et plus aucun titre ne semble désormais joué de nos jours.

Cependant, Gold Nigga restera comme l'album de la rupture avec Warner, celui qui le premier permis à Prince de se voir édité dans le "monde libre" de l'auto-production. Il a indiscutablement influencé les actions de Prince en dehors de la Warner, et conduit par la suite à la sortie de nombreux albums et singles estampillés du label NPG Records.

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