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Cette page relate les évènements relatifs à l'aftershow donné au Rex Club à Paris, à la suite du concert donné le même soir à Bercy le 31 août 1993.

Contexte

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La devanture du Rex, l'un des plus grands cinémas de Paris, flanquée de l'entrée rouge du Rex Club en bas à droite.

Bien que le concert à Bercy du 31 août 1993 ait commencé et se soit terminé tardivement, un aftershow est prévu au célèbre Rex Club dans la foulée. La rumeur d'un aftershow s'était propagée avant même le début du concert principal. Il faut dire que pour cette tournée européenne, les aftershows sont programmés à l'avance et les fans les mieux informés ou les plus impliqués ont eu l'information très tôt sur le lieu où se déroulait l'évènement. Ceux qui tentaient de glaner l'information à Bercy ont souvent été orientés (à tort, ou malicieusement) vers les Bains Douches, où Prince avait joué les deux fois précédentes en 1992 et en 1988.

L'after se déroule pour la première fois au Rex Club, une salle en pleine gloire à cette époque mais d'une faible capacité. La salle fut rapidement complète et environ 800 personnes bien tassées ont assisté au show.

Le show

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Prince arrive sur la scène du Rex Club - photo issue du magazine Shockadelica (1993)

Il était déjà presque quatre heures du matin quand les cuivres des NPG Hornz commencèrent à souffler les quelques notes du morceau The Sacrifice Of Victor en guise d'introduction. Après une minute à peine, Prince surgit sur scène et plonge dans la foule des premiers rangs. Le groupe entame alors un groove Soul/funky à souhait sur un morceau encore inédit à l'époque, House In Order, que l'on retrouvera sur l'album de Mavis Staples. Vient ensuite le titre The Undertaker, également inédit à ce stade, avant d'être également prévu sur l'album de Mavis Staples. La version jouée cette fois là est "full effect" c'est à dire avec le groupe NPG au complet et les cuivres. Une autre version de The Undertaker est parfois jouée en mode "power trio" basse - batterie - guitare. En quelque sorte, Prince assure ici la promotion de l'album de Mavis, dont la sortie venait juste d'avoir lieu.

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Prince et Mayté au Rex Club - photo du magazine Shockadelica (1993).

On passe alors aux NPG qui sont désormais sans le rapper Tony M mais Prince assure les parties vocales de Black MF In The House, qui est l'occasion d'un bon gros délire funky également. Dans le même style survient Race, que l'on retrouvera plus tard sur l'album Come.

Vient ensuite une rare performance de Blue Light, puis Delirious.

La plupart du groupe quitte alors la scène, et restent en piste Michael B, Sonny T et Prince pour une séance en mode "new power trio", dans l'esprit de la vidéo officielle The Undertaker, qu'on ne connaissait pas encore à l'époque! Sont alors jouées successivement The Ride, Bambi, la reprise de Jailhouse Rock, et Poor Goo que le public parisien interprète comme "boo goo" ou "bo cou". Cette section se clôture avec le titre Come joué dans une version épurée.

Le groupe complet revient ensuite au pop/rock avec une autre série de titres : Endorphinmachine est encore une nouveauté inconnue du public, Peach venait tout juste de sortir en single le même jour, et Pope est une avant-première du titre que l'on trouvera quelques jours plus tard sur la compil The Hits / The B-Sides.

Vient ensuite un somptueux jam final dans lequel on retrouve America, Gett Off, et It's Gonna Be A Beautiful Night.

En guise de rappel, le NPG balance un Johnny (extrait de l'album Gold Nigga, qui venait tout juste d'être disponible au merchandising des shows de Bercy quelques heures plus tôt), et ce dernier titre se prolonge sous forme de jam avant de terminer par le chant "NPG in a motherfuckin' house" répété pendant plus de dix minutes par un public parisien subjugué, alors qu'il était déjà plus de cinq heures et demi du matin !

Héritage

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unused-prince-tickets.com[1]

Cet aftershow au Rex Club est, sur le plan musical, tout simplement fantastique. Il est dommage que l'enregistrement audio qui existe soit de qualité assez moyenne, mais cela ne devait pas être simple. On entend sur la bande de nombreuses interjections ou discussion en français ou dans d'autres langues, et même quelqu'un qui demande à entendre "La Danse des Canards" entre deux titres.

Ce qui devient différent avec cette tournée est que les aftershows sont plus facilement accessibles aux fans, alors que les one-off précédents étaient plutôt élitistes, avec un public essentiellement constitué de journalistes, attachés de presse, personnel de maison de disques, ou gratin mondain. Ce concert du Rex Club reste donc comme un cadeau brulant offert par Prince à ses fans ultimes, ceux qui allaient être prêts à le suivre dans le délire de son changement de nom du fait du conflit avec Warner. C'est aussi pour cela que l'ambiance était chaude bouillante, il était bien question de faire comprendre à Prince que l'on souhaitait le voir continuer à faire de la musique et des concerts.