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Cet article relate mon expérience vécue lors de la série de trois shows donnés par Prince dans le cadre du North Sea Jazz Festival, à Rotterdam (Pays-Bas) les 8,9 et 10 juillet 2011. Cet article est consacré au show du 8 juillet.

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Mon billet de concert du vendredi 8 juillet 2011

Contexte

Le 9 mai 2011, l’organisateur de spectacles Live Nation annonce que Prince se produira à Rotterdam (Pays-Bas) dans le cadre du North Sea Jazz Festival, un évènement qui n’est pas loin d’avoir une réputation aussi brillante que le festival de Montreux. Trois concerts sont prévus d’emblée, sous la forme de « late night shows » : les deux premiers concerts sont annoncés pour avoir lieu à partir de 1h15 du matin ( !) et le dernier à 23h45.

Cette configuration est voulue par Prince pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les « late night shows » sont la dénomination princière des « aftershows », à savoir des concerts plus libres, au set list plus aventureux, et généralement donnés après la prestation classique dans une grande salle. Là, il n’y a pas de prestation classique, on a affaire directement à l’after ! D’autre part, comme ce fut le cas pour le Main Square Festival à Arras, Prince exige d’être en tête d’affiche. Il doit donc chaque soir se produire après tous les autres artistes. Enfin, cela permet à Prince de demander une tarification particulière.

En effet les trois concerts de Prince ne sont pas inclus dans le programme du festival. Pour y assister, soit il faut acheter un billet spécifique à 89 euros, soit compléter le « pass » 3 jours du festival ou un pass 1 jour (à 89 €) avec un complément de 40 €.

Ainsi les tarifs possibles étaient :

  • billet jour : 89 EUR / jour + 40 € = 129 € (valable seulement le même jour)
  • Pass 3 jours pour le festival : 209 € + 3x40 € = 329 €
  • Pass 3 jours "all-in" (inclus les concerts "Plus" mais pas ceux de Prince): 299€ + 3x40 € = 419 €

Pour ma part j’ai choisi le pass 3 jours simple, aucun des concerts « Plus » ne m’intéressant particulièrement. Il me suffisait d’ajouter 3x40 € pour les concerts de Prince. Ce choix était primordial car il définissait la façon dont on appréhendait ce festival. Soit on se concentrait exclusivement sur Prince, et dans ce cas les billets spéciaux à 89 € étaient suffisants, soit on voulait aussi profiter des autres artistes présents dans le festival et se rendre plus tardivement au show de Prince. Cela ne devait pas poser de problème car la salle n’est pas énorme bien qu’elle contienne 9 000 places soit environ 1 Zénith parisien et demi. L’expérience fait qu’en arrivant encore 2 heures avant l’heure du show, on est très bien placé.  Et cela permet de profiter de plein d’autres concerts !

D’autant que l’affiche, pour un fan princier, fut exceptionnelle cette année là : on y trouve Esperanza Spalding, Janelle Monae, Larry Graham, Chaka Khan, Candy Dulfer, Mavis Staples ou encore Bootsy Collins !  Autant dire que les connexions avec l’univers Pourpre étaient nombreuses et l’on pouvait imaginer des apparitions surprises à tout moment dans l’un ou l’autre des sets. Pour ensuite, peut être, les retrouver tous ensemble au show de Prince. Une belle fête en perspective !

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L'entrée de l'Ahoy Rotterdam

Les concerts de Prince ont lieu au « Maas Hall », c'est-à-dire la plus grande salle. Il s’agit en fait de l’Ahoy, une salle qui a vu défiler de nombreuses fois Prince depuis 3 concerts légendaires lors du Parade Tour, en 1986. Bien qu’elle ait été un peu refaite dernièrement, le fait de vivre ces concerts dans ce lieu mythique s’ajoute à l’intérêt du voyage. Au-delà de cela, c’était aussi la première occasion pour moi de visiter Rotterdam.

La mise en vente des billets eut lieu le 13 mai 2011, et presque tout de suite les serveurs informatique ont crashé. Après plusieurs heures de grande pagaille, la mise en vente fut reportée au 17 mai. Les serveurs ont également eu des problèmes ce jour là, et finalement le meilleur moyen pour obtenir des places fut par téléphone. Il fallut également réserver un trajet en train, trouvé à 102 €, et un hôtel.

Avant le show

Je me rends à Rotterdam par le train Thalys 9339, partant de Paris Gare du Nord à 14h25 le 8 juillet. Le trajet s’effectue sans encombre et une fois sur place, il n’y a aucune difficulté pour trouver mon hôtel. Bien que l’on soit en territoire néerlandais, il est aisé de se repérer et de se déplacer. Tout est clairement indiqué, et on est sur une ville à taille humaine et donc c’est relativement simple. La ligne de métro est située non loin de l’hôtel et elle mène directement à la salle de concert. C’est un métro automatique, moderne et propre, en surface. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, me voici arrivé devant le complexe hébergeant le festival. Je me rends aux caisses en vue de récupérer mon pass et mes billets. J’avais aussi quelques billets en trop à revendre, et cela s’est passé sans souci notable pas comme à Londres en 2007.

Une fois entré dans l’enceinte du festival on se rend compte que tout est très bien organisé et s’il y a du monde, on n’est pas dans une foule surchargée. Il est possible de passer de bâtiment en bâtiment facilement. Les hangars sont aménagés en salles de concerts de diverses capacité, selon la programmation. Cela peut être aussi sous des tentes, à l’extérieur. Il y a de quoi se restaurer partout. Très franchement, je suis agréablement surpris par la qualité de l’organisation et la facilité offerte aux festivaliers. On ne sait donc pas organiser la même chose en France ?

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l'Ahoy vu de l'intérieur

J'arrive trop tardivement pour pouvoir assister au concert de Esperanza Spalding, qui débutait à 17h30. Je prends donc mon temps en me baladant, et retrouvant des amis. Je vais ensuite repérer la salle Maas Hall où jouera Prince après minuit. A 20h30, il y est prévu un concert de Janelle Monae. C’est l’occasion pour moi d’assister à son show et de découvrir ce talent prometteur dont on parle tant dans la communauté princière. En entrant dans la salle on ne peut que constater qu’elle est illuminée entièrement en violet, le festival fait honneur à sa tête d’affiche ! La salle est de forme carrée, avec la scène au fond, une large fosse et des tribunes sur trois des côtés, une disposition on ne peut plus classique. Même en arrivant très peu de temps avant le début du spectacle, j’arrive à être dans les premiers rangs. Il faut dire qu’il y a tellement de spectacles en parallèle que le public arrive au dernier moment. Il est même possible d’entrer et sortir librement de n’importe quelle salle, à tout instant.

Le concert de Janelle Monae, malgré un début un peu mollasson, remplit son contrat (surtout vers la fin, quand elle surfa sur la foule) et nous a permis de passer un bon moment musical. On pensait que Prince aurait pu faire une apparition histoire de faire un teasing pour son propre show, mais cela n’a pas été le cas. Une fois dans l’ambiance, l’envie était donnée ensuite d’aller voir autre chose en attendant Prince. D’après le planning, on pouvait voir la fin du set de BB King, ou aller admirer Michel Portal. Sous la pluie qui commence à arriver, on se retrouve finalement sous le chapiteau où joue un bluesman étonnant, Robert Randolph. On en profite pour manger un morceau. Plus tard, un set de Larry Graham & Graham Central Station est programmé à minuit dans la salle Nile. Là encore, on se disait que Prince pouvait faire une apparition surprise. On y passe faire un tour rapidement, mais il y a foule et le set ne semble pas très intéressant. Et le stress commence un peu à monter, on se dit qu’il faut peut être aller attendre pour Prince. Effectivement, en retournant dehors pour aller voir les fans qui sont devant l’entrée extérieure (ce sont ceux qui ont uniquement le billet Prince à 89 €) il y a déjà foule. On se positionne donc devant l’entrée intérieure, celle réservée aux détenteurs du pass, et on attend.

L’entrée dans la salle s’effectue vers minuit et demie, et commence alors l’attente. D’abord assis dans la fosse, on se retrouve rapidement debout. Je suis positionné tout devant, pas sur la barrière mais au 2ème ou 3ème rang donc avec une vue excellente !

Bien que le show fut prévu pour démarrer à 1h15 du matin, il ne démarra en réalité qu’à 1h40.

Le show

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Prince baigné dans la lumière verte, affiche son doute sur la qualité du son

Le concert débute uniquement avec Andy Allo et le groupe sur scène. Andy Allo, habillée comme Prince, tenta de se faire passer pour lui mais la supercherie a tenu deux secondes. Le morceau d’intro est Foxy Lady, une reprise de Jimi Hendrix. Prince arrive peu après pour le solo de guitare. Il est vêtu d’une grande cape grise. La sauce ne prend pas vraiment, car d’entrée on constate que le son est abominable dans la salle, sur-aigu et beaucoup trop fort. Durant Controversy, Prince donnera de nombreuses fois des indications aux techniciens, leur demandant d’augmenter ou diminuer tel instrument ou tel bloc d’enceintes. Ces problèmes de son ont certainement du avoir une influence sur le déroulé du concert. On sentira Prince assez stressé et essayant de faire au mieux. Mais pour l’ambiance, et les solos stratosphériques, il faudra faire sans.

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Prince aux pads durant D.M.S.R.

Et si l’on attendait un set list vraiment spécial pour Rotterdam, il faudra repasser. Maceo Parker fait son entrée sur Controversy, puis vient le mashup Sexy Dancer / Le Freak (il est temps de penser à virer Shelby J, me disais-je à ce moment là) qui se poursuit par Which Way Is Up, et un passage par Play That Funky Music, avant le retour sur le coda de Controversy. Tout cela est sympa, mais largement entendu auparavant et sans grande surprise malgré tout. On poursuit avec un Pass The Peas mené par Maceo, puis Let’s Get It On chanté par Andy Allo. Sur la première heure de concert on en est à six reprises et pratiquement aucun morceau de Prince !

Comme pour conjurer cela, Prince lance un D.M.S.R. plutôt bienvenu. Reprenant l’enchainement du Stade de France on a ensuite Pop Life et Musicology, ce dernier intégrant Prince And The Band. On a le sentiment que Prince est en mode automatique, perturbé par les soucis de son il déroule son show de manière assez convenue. Mais entendons nous bien, Prince reste largement au dessus du lot. C'est flagrant lorsqu'on est dans un festival comme le NSJ et qu'on regarde aussi les autres artistes. Malgré de très bons concerts vus ici et là, personne n'a sa prestance, son charisme, sa façon de faire, sa maîtrise de la scène, sa façon de chanter ou de jouer. Quand IL arrive, même avec un son pourri, on en a des frissons. Je pense que l'on a tendance à l'oublier ou à ne plus s'en rendre compte à force d'aller à ses concerts.

Liv Warfield se lance dans une nouvelle reprise, No One Else, puis Shelby enchaine avec Misty Blue, que nous avions entendu déjà à Londres en 2007. Oui ils se font plaisir, c’est bien, mais est-ce ce que l’on attend d’un « late night show » de Prince ?

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Sur scène avec Janelle Monae

Prince enchaine avec A Love Bizarre, et nous sommes témoins de la première apparition d’un « guest » en la personne de Janelle Monae. Mais sa prestation ne restera pas dans les annales : elle connait peu les paroles de ce titre, et se contente d’arpenter la scène de long en large et intervenir sur le refrain. Le morceau évolue avec les traditionnels chants de Housequake et Eye Like Funky Music. L’enchainement sur Everyday People incitera Larry Graham à rejoindre le groupe mais là encore, on ne ressent pas de réelle symbiose et le featuring est décevant.

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avec Larry Graham

La suite c’est Only Heaven Knows, le morceau drivé à la basse et dévoilé à Paris une semaine plus tôt. Si à Paris, le titre était joué dans une ambiance électrique, là il fait moins d’effet.

Après une courte pause, le show reprend avec Purple Rain, et c’est un peu la catastrophe : on a droit à une longue intro « guimauve » au sax de la part de Maceo Parker, et le titre ne bénéficie pas d’un solo de guitare digne de ce nom de la part de Prince. Décidément, quand rien ne va…

La surprise du show sera finalement le titre If I Was Your Girlfriend, joué dans un nouvel arrangement bien sympathique. Les problèmes de son se sont un peu améliorés, donc on peut enfin profiter du concert comme il se doit.

Mais avec Kiss, nous arrivons finalement au dernier morceau, et s’il est joué avec entrain c’est déjà la fin.

Au total, Prince a joué environ 2h20 ce qui est beaucoup plus que les 1h30 annoncées au programme. Le concert n’est pas totalement décevant, mais il est desservi par les problèmes de son, un trop grand nombre de reprises, et des apparitions surprises sans réel intérêt.

Après le show

La salle se vide assez rapidement, et nous marchons jusqu’au métro. Nous constatons avec bonheur qu’il fonctionne encore, les autorités prévoyant de le maintenir en service jusqu’à la fin des concerts. Et il est plus de quatre heures du matin ! Une sacrée bonne idée, et ce n’est pas en France qu’on aurait la même chose. Décidément, que des bons points pour la Hollande question organisation ! Une fois arrivé à l’hôtel, je goûte un repos bien mérité après cette première journée. La suite est racontée dans l’article sur le concert du 9 juillet

Set List

Foxy Lady
Controversy
Sexy Dancer / Le Freak
(Theme Song From) Which Way Is Up?
Play That Funky Music
Pass The Peas
Let's Get It On
D.M.S.R.
Pop Life
Musicology
No One Else
Misty Blue
A Love Bizarre
Everyday People
Only Heaven Knows
Purple Rain
If I Was Your Girlfriend
Kiss

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